Voter écolo ne sert à rien si vous êtes stupides au point de ne rien changer dans votre vie journalière. Alors Change ta vie ou disparaît de la planète...Ta civilisation est barbare, il y a vraiment pas de quoi en être fier.
Accueil­Portail­Galerie­FAQ­Rechercher­S'enregistrer­Connexion
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 chocolat et café

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Hydrogene
Organisateur
Organisateur


Nombre de messages: 63
Age: 40
Localisation: Lot et Garonne
Emploi/loisirs: Culture, écriture, écologie,
Date d'inscription: 06/06/2008

MessageSujet: chocolat et café   Ven 6 Juin - 22:38

Je ne détient pas la vérité mais quand on me dit que du chocolat est équitable, j'ai peur. Les producteurs seraient mieux rémunérés. Soit ! Mais qu'en est-il de tous ces intermédiaires ? Et est-ce équitable globalement quand un produit parcours plusieurs milliers de kilomètres, augmentant ainsi sa facture énergétique et donc son pouvoir de nuisance. Il me semble que dans développement durable on entend "circuit le plus court entre le producteur et le consommateur". Alors je me pose la question : est-ce raisonnable que je mange du chocolat ? Que je boive du thé ?...Que je mange des bananes, des jus de fruits exotiques....la liste est longue et j'en ignore une grande partie. Si je suis ma logique, je devrais consommer ce que les agriculteurs, maraîchers de mon département produisent. Il y a largement de quoi me faire des tisanes, des gateaux, des plats équilibrés ...avec ce qui est produit autour de chez moi. Je peux ainsi entrer en contact avec les producteurs et m'assurer de la qualité de leur démarche professionnelle...

Consommer des produits fabriqués hors de mon pays devrait être une exception, ce qui est plutôt l'inverse en ce moment. Il me semble que cela contribue plus aux déséquilibres commerciaux et poliltiques qu'autre chose, à rendre ces pays décrits comme "en voie de développement", dépendants et instables. Il est vrai que certains trouvent rentables ces déséquilibres....pour leur portefeuille. Mais quel gâchis !
Qu'en pensez-vous?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cdvaiguillon.forumdediscussions.net
Sempervirens



Nombre de messages: 3
Age: 97
Localisation: Aiguillon
Emploi/loisirs: Archéologie - Histoire - Informatique - NTIC
Date d'inscription: 06/06/2008

MessageSujet: Re: chocolat et café   Dim 8 Juin - 3:18

C'est tout bête mais il n'y a pas si longtemps de cela, un fruit exotique comme l'orange était considéré comme un semi-luxe. On l'offrait à Noël enveloppé dans un fin papier festif, et on l'embarquait dans la marine royale comme médicament sous l'Ancien régime pour éviter le scorbut .. Le Clezio a fait de longues pages sur la magie de l'orange. De la même manière des produits comme le cacao étaient tellement couteux qu'ils étaient réservés à une toute petite frange de la population : on donna du chocolat mélangé à de l'eau pour tenter de ranimer Richelieux quasi-moribond. Tant qu'aux épices (et à leur commerce) elles étaient elles aussi considérées comme des médicaments et avaient quelques vertus désinfectantes et prophylactiques bien documentées aujourd'hui. Elles firent la fortune de négociants qui prenaient alors de gros risques avec leurs cargaisons par delà les océans (compagnie des Indes etc). Même chose bien avant, dans l'Antiquité dans un monde romain ouvert aux échanges tout autour de la "Mare Nostrum" et bien au-delà : vin, jeux et pain mais blé de l'Egypte, vins de Campanie et esclaves de partout. Rien de nouveau dans ce bas monde.


La démocratisation en Europe de la consommation de produits réservés autrefois ou jadis à une élite est un fait, mais elle a aussi une contre partie.
L'abondance de tout semble se faire au détriment de la qualité : "le poulet pour tous" a conduit à la production de masse de ces volatiles, avec des résultats très inégaux.

De plus, Je n'en suis pas certain, mais je crois que ce gout pour l'exotisme contemporain est aussi le résultat d'une société urbaine cosmopolite. Le brassage culturel des populations dans les villes conduit à intégrer des habitudes alimentaires diverses, et la France avec la Guadeloupe par exemple, intègre depuis très longtemps la banane à son menu ordinaire (Banania!)

A la campagne, pendant très longtemps une semi-autarcie a été la règle, et c'est encore un peu le cas chez les agriculteurs. On fait venir sa volaille, on cultive un jardin, on a ses propres oeufs, on pêche, on chasse, on cueille et on échange. Mon voisin fait des asperges et du lait en échange je lui repasse des pommes ou des fruits à la saison. Tout ce qui se conceptualise aujourd'hui était un fait, le quotidien de nos parents ou grands-parents et même un vécu pour ce qui me concerne puisque je suis agriculteur à la base et que j'ai entretenu une petite exploitation agricole pendant quelques années. D'ailleurs je vais faire le plein à la campagne tous les dimanches!

Le marché est dicté par l'ofre et la demande, c'est trivial. Si demain les habitudes changent, à la manière du réquisitoire d'un J.P Coffe contre les produits hors saisons, conditionnés sous azote, produits industriels tout préparés et j'en passe, c'est aussi que que le temps sera géré autrement. Pour revenir à autrefois, les femmes passaient un temps considérable à la cuisine souvent en plus de leur labeur à la ferme : pas de restos et autres facilités à l'époque. Manger autrement c'est faire la cuisine autrement et je suis au regret de te dire que le savoir faire culinaire n'est pas quelque chose de spontané, c'est de la culture.


Alors au fond du fond je ne sais pas te répondre de manière globale. J'ai le regret de la soupe extraordinaire que faisait ma grand-mère rien qu'avec des produits du pays, mais dedans il y avait de la patience, du temps, de l'amour mais aussi une forme de servitude face à ses hommes qu'il fallait bien nourrir au retour des champs (35 heures?). Je me souviens aussi qu'il y avait toujours une assiette vide au bout de la table, pour "celui qui viendrait manger". Autres temps autres moeurs, nous sommes coupés de tout. Tu parlais de la profusion des produits exotiques, de la nécessité d'acheter localement, de casser les circuits longs au profit des circuits courts ... Cela passe par une re découverte de la nature et de l'agriculture de proximité dans la pratique, peut-être en cultivant un jardin vivrier dans chaque écoles, partout ou cela est possible (ce n'est pas gagné).

Savoir cultiver et élever est une forme d'assurance dans la vie : au pire, savoir produire des légumes et élever des lapins est un minimum vital, ceux qui ont quelques souvenirs "longs" savent de quoi je veux parler. Je finirais là toujours avec une sorte de recul par rapport à l'histoire : l'ultime Duchesse d'Aiguillon, (Plelo) termina ses jours en vendant ses légumes cultivés dans un jardin qui autrefois était consacré à la beauté des ordonnances de l'ordre classique, production qu'elle portait elle-même en pleine Révolution au marché en poussant une petite carriole. C'est dire que l'agriculture fut pour notre pays au cœur de tout et que nobles, riches ou pauvres chacun en connaissait les rudiments pour sa survie et maitrisait donc un peu de son destin par ce seul savoir. Aujourd'hui on fait la queue en cas de pénurie, car on produit rarement ce que l'on mange.

Amicalement[/justify]


Dernière édition par Sempervirens le Dim 8 Juin - 14:23, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hydrogene
Organisateur
Organisateur


Nombre de messages: 63
Age: 40
Localisation: Lot et Garonne
Emploi/loisirs: Culture, écriture, écologie,
Date d'inscription: 06/06/2008

MessageSujet: Re: chocolat et café   Dim 8 Juin - 13:18

A l'école Marcel Pagnol, cette année ils ont fait un petit jardin pédagogique sous les catalpas bleus...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cdvaiguillon.forumdediscussions.net
Sempervirens



Nombre de messages: 3
Age: 97
Localisation: Aiguillon
Emploi/loisirs: Archéologie - Histoire - Informatique - NTIC
Date d'inscription: 06/06/2008

MessageSujet: Re: chocolat et café   Dim 8 Juin - 14:29

Citation:
A l'école Marcel Pagnol, cette année ils ont fait un petit jardin pédagogique sous les catalpas bleus...


C'est une bonne idée, de même que la sensibilité du jardinier en chef de la municipalité vis à vis des produits chimiques et autres phytosanitaires pulvérisés dans la ville, et puis avec la tutelle de Marcel Pagnol, rien de mal ne peut se faire dans un telle école : le jardin de mon père?

Smile


BWK
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hydrogene
Organisateur
Organisateur


Nombre de messages: 63
Age: 40
Localisation: Lot et Garonne
Emploi/loisirs: Culture, écriture, écologie,
Date d'inscription: 06/06/2008

MessageSujet: Re: chocolat et café   Dim 8 Juin - 16:08

Voilà un petit dossier en pdf à télécharger bien intéressant sur les pesticides et les évolutions positives des comportements des collectivités.

http://www.google.fr/url?sa=t&ct=res&cd=12&url=http%3A%2F%2Fwww.paysdesvallonsdevilaine.fr%2Fdocs%2Fguide_pesticides_1.pdf&ei=E-dLSLSWEpGOnAPiuLDOBQ&usg=AFQjCNHgzyqV96eQjjSM1WmGck5dJA3E9w&sig2=FpxKJIVhMkWFnfljsaJz1g
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cdvaiguillon.forumdediscussions.net
Hydrogene
Organisateur
Organisateur


Nombre de messages: 63
Age: 40
Localisation: Lot et Garonne
Emploi/loisirs: Culture, écriture, écologie,
Date d'inscription: 06/06/2008

MessageSujet: Re: chocolat et café   Ven 10 Oct - 11:46

A l’heure actuelle, on estime que le secteur de l’agroalimentaire est responsable d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Reflet de ce que contient notre assiette, celui-ci est intrinsèquement lié aux habitudes de consommation véhiculées par les pays industrialisés et fondées sur des modes de production intensifs hautement néfastes à l’environnement. Pour répondre à cette forte demande, les pays du Sud sont mis à contribution, contraints de céder une grande partie de leurs ressources. Aussi n’est-ce pas une surprise si, comme le rappelle Nicolas Hulot, sur les 923 millions de personnes souffrant de la faim, les trois quarts sont des paysans.
Photo ci-contre - D'origine brésilienne, 80% du jus d'orange arrive en Europe avec un bilan énergétique désastreux.
Contraire à l’éthique, cette production débridée est également lourde de conséquences pour l’environnement. Exemple frappant du monopole et de la pression exercés par les pays industrialisés, l’huile de palme est un ingrédient majeur, entrant la composition de près d’un produit alimentaire sur dix vendus en Europe (biscuits, chocolat, bonbon, crème glacée, sauce, margarine…). Or, si l’on croit la fondation Hulot, sa culture serait la cause de 90 % de la déforestation sévissant en Malaisie. Un chiffre pas si surprenant puisque 17 m2 de palmiers à huile sont nécessaires pour satisfaire les besoins annuels d’un seul Français. Une atteinte grave pour ces forêts tropicales naturelles, véritables réservoirs de la biodiversité.

La problématique de la surexploitation des ressources ne concerne pas que la terre ferme, bien au contraire. Les écosystèmes marins sont eux aussi gravement affectés avec 70 % des stocks de poissons menacés. A l’origine de cette raréfaction des richesses halieutiques, une augmentation de la consommation individuelle des pays riches due notamment à l’engouement pour de nouvelles pratiques culinaires (sushis…). Ce contexte déjà peu favorable est encore aggravé par la surpêche ainsi que les prises accidentelles et la dégradation des milieux marins perturbés par les changements climatiques (disparition des récifs coralliens…).

Les conséquences sur l’environnement de notre mode de consommation ne se limitent pas à la question de l’approvisionnement en matières premières. Une fois celles-ci prélevées, encore faut-il les transformer en un produit fini, lequel implique un emballage et un conditionnement spécifiques. La clientèle étant souvent très éloignée du lieu de production, de l’énergie supplémentaire sera nécessaire pour l’acheminer de son lieu de création à son point de vente et le conserver une fois arrivé à destination. Destination somme toute provisoire, le dit produit étant amené à être transporté à nouveau pour aboutir dans un réfrigérateur familial ou sur une plaque de cuisson… On l’aura compris, ce type de consommation, et le système productif qu’il implique, génère une dépense énergétique massive. Or, celle-ci pourrait être évitée si les produits consommés étaient cultivés localement. Ainsi, un fruit importé hors saison par avion consomme 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement. Dès lors, un kilo de pommes provenant d’Afrique du Sud correspond à 5 litres de gasoil, soit 20 fois plus qu’un kilo de pommes cultivées localement. Autre exemple parlant, les 80 % du jus d’orange à base de concentré, bus en Europe, proviennent du Brésil. Si l’on tient compte des diverses opérations générées par leur transformation et leur transport, boire un verre de jus d’orange à base de concentré revient à avaler plus de pétrole que d’orange.

Si une alimentation locale est bénéfique à l’environnement, il faut de même savoir faire varier les plaisirs. Manger varié est certes bon pour la santé mais cela a aussi une incidence notable sur la nature. Pour répondre aux normes dictées par l’industrie agroalimentaire, des variétés de fruits et de légumes ont fait l’objet de standardisation. Outre une vulnérabilité accrue aux aléas climatiques, cette production uniforme conduit à un appauvrissement de la biodiversité. De fait, bien que l’on recense quelque 6 000 races d’animaux d’élevage de bétail et de volailles, seules 3 races bovines assument à elles seules 98 % de la production mondiale bovine. On observe des phénomènes similaires du côté des cultures. Ainsi, alors qu’il existerait près de 7 000 variétés de tomates à travers le monde (1), nous n’en ingérons pas plus de 5 distinctes.

S’intégrant toujours dans cette politique du haut rendement, les techniques agricoles majoritairement employées étendent cet appauvrissement général à la qualité des sols. Premier consommateur européen et troisième à l’échelle mondiale, la France est particulièrement friande de produits phytosanitaires. Mais, outre qu’elles dérogent à leur fonction première en favorisant l’émergence d’insectes ravageurs libérés de leurs prédateurs, ces substances chimiques non biodégradables s’accumulent dans les milieux naturels et intoxiquent les espèces végétales et animales environnantes. La chaîne alimentaire étant ce qu’elle est, l’animal n’est pas le seul à pâtir du recours à ces composés chimiques. Selon l’INRA, en 2006 on estimait qu’un Français pouvait ingérer jusqu’à 1,5 kg de pesticides par an.

Constatant que notre mode de consommation actuel a eu pour effet d’éloigner le consommateur des techniques de production en veillant à lui offrir la plus large gamme de produits sur un plateau d’argent, la fondation Nicolas Hulot a décidé de s’investir dans une opération massive de sensibilisation et d’information sur l’impact environnemental de nos choix alimentaires. Intitulée « Des fraises au printemps », celle-ci repose principalement sur le prochain lancement à la mi-octobre d’un site Internet sur lequel seront référencés les réseaux de magasins et de marchés bio. En parallèle, d’autres outils informatifs seront mis à disposition des consommateurs à l’image d’un mini-guide « Repères pour faire ses courses » ou encore un éventail de fiches pratiques (quel poisson consommer…). L’objectif est de faire la lumière sur des réalités que l’on a plus ou moins caché au consommateur en l’entretenant dans le mythe du tout disponible, de tout temps et à toute saison.
Cécile Cassier
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3398
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://cdvaiguillon.forumdediscussions.net
 

chocolat et café

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Change ou disparaît :: Développement Durable-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet